sur le livre de Sheldon en français

Entretien vidéo de 3mn avec Ken Sheldon

Extrait de la traduction en français du livre de Sheldon

Préface de Jacques Forest en cours…

OPTIMAL HUMAN BEING

Note du traducteur 

Une personne a plus de pouvoir sur sa vie qu’elle ne le pense mais peut-être pas autant ou pas nécessairement celui qu’elle croit. Pouvons-nous apprendre à nous utiliser nous-même pour être heureux et pour l’être avec les autres ? La question de nos potentialités concerne tout un chacun nous dit Kennon Sheldon. Dans ce livre la question est éclairée par différents champs de la connaissance. Et si les réponses de chaque domaine scientifique continuent d’évoluer et ne convergent pas en apparence, Kennon a le mérite de les explorer en créant des ponts. Il présente de façon ambitieuse et probante une philosophie pratique. Dans ce livre exigeant, sans recette magique, Kennon donne des pistes, apporte des réponses rigoureuses, précises et documentées sur deux plans. Il aborde la question des potentialités de l’individu. Comment un individu peut-il les réaliser ? Quelles sont les conditions qui précèdent tel ou tel comportement ? Qu’est-ce qui fait que telle ou telle chose arrive dans la vie des êtres humains ? Qu’est-ce qui les distingue les uns des autres ? Sur un second plan il souhaite faire avancer les sciences humaines avec un modèle transdisciplinaire aussi cohérent qu’éclairant.

Ainsi Kennon donne une vision cohérente d’un individu relié à la fois à ses différentes parties de lui-même et aux sciences humaines. De plus, dans son modèle, chaque science trouve sa juste place. Enfin, sa vision humaniste rafraîchissante et son modèle dynamique stimuleront le mouvement de la psychologie positive dans le monde francophone.

Ce livre qui navigue depuis un certain temps déjà dans le monde anglophone apparaît enfin en francophonie pour les lecteurs friands de sciences humaines et autres curieux de la nature humaine.

Merci à Nicole Yergeau, chargée de cours à l’Université de Sherbrooke au Québec, pour les outils d’aide à la traduction des termes techniques et pour sa relecture. Merci à Nathalie Boualleg, mon épouse et lectrice éclairée, pour sa patience pendant nos vacances et pour sa prise en main de la logistique durant cette période ainsi que pour sa relecture de cette traduction destiné au public francophone. Merci à Jacques Forest, professeur au Département d’organisation et ressources humaines à l’Université du Québec à Montréal, pour sa préface. Merci à Kennon Sheldon de m’offrir l’occasion de traduire ce livre fascinant. Merci encore à l’auteur pour sa confiance, d’avoir pris de son temps pour répondre à toutes mes demandes de clarification de certains passages du livre qui m’ont semblés complexes. Certains termes essentiels à la compréhension de la matrice de base (influences potentielles sur le comportement humain) nécessitaient une explication. Le mot « téléologie » notamment en fait partie.

Dans cette traduction, je me suis attaché à respecter le style de l’auteur tout en essayant de rendre la lecture plus fluide pour les lecteurs et lectrices francophones.

Puisse cet ouvrage éclairer votre compréhension de l’être humain, enrichir votre réflexion sur vous-même et soutenir votre propre développement !

Laurent BOUALLEG 

Psychologue de l’éducation nationale. Formateur en counseling de carrière

Préface de l’auteur

Étant donné la persistance de la misère humaine, de l’échec, de l’intolérance et de la brutalité humaine, il peut paraître naïf d’écrire un livre traitant du concept d’être humain optimal. Parfois, il semble que le moindre petit fonctionnement optimal ne soit pas au rendez-vous. Aussi, étant donné mes propres imperfections et défaillances (demandez simplement à mes enfants), je me demande si je suis vraiment crédible dans l’entreprise d’une telle tâche. Qu’est-ce qui me fait penser que j’ai la sagesse et l’autorité requises ou que je suis personnellement assez évolué pour écrire un livre sur un tel sujet ?

   Évidemment, j’ai persisté. J’étais motivé non pas par le désir de devenir un gourou intervenant sur des plateaux de télévision mais motivé par le désir de partager de nouvelles idées fascinantes en lien avec la nature humaine. Ces idées suggèrent qu’une vision optimiste et pleine de gratitude pour la nature humaine est légitime. Les gens sont littéralement stupéfiants. Nous possédons déjà toutes les capacités dont nous avons besoin pour résoudre nos problèmes. Nous devons simplement apprendre à utiliser ces capacités plus efficacement. J’espère pouvoir convaincre mes lecteurs et lectrices que l’être humain optimal n’est ni mystérieux ni loin de notre compréhension surtout lorsque nous pensons que de nombreuses personnes ont déjà atteint cette manière d’être. Bien sûr, on peut toujours s’améliorer, quel que soit le résultat mais beaucoup d’entre nous se débrouillent déjà très bien, en fait bien mieux que nous le pensons.

   J’étais également motivé pour communiquer les données scientifiques émergentes qui soutiennent ces idées positives concernant la nature humaine. Bien sûr, de nombreux livres pour s’aider soi-même sont écrits sur ces sujets chaque année. Des livres vantent les vertus du moi transcendantal, de l’enfant intérieur, de la sagesse du cerveau droit, des sept habitudes, etc. Ces livres fournissent des théories élaborées et parfois ingénieuses sur le fonctionnement optimal de l’homme, croyez le bien. Cependant, peu de ces ouvrages s’appuient sur des recherches empiriques et ils ne relient pas leurs conseils aux paradigmes en évolution de la science. Malheureusement, ils ont fait valoir leurs arguments au-delà du statut incertain de la simple opinion. Dans de tels cas, le jeu (ou le gain) va à celui qui peut le mieux communiquer, en supposant que son message soit exact et légitime. Bien que la capacité à communiquer de l’espoir et à susciter de nouvelles idées chez les lecteurs soit certainement importante et puisse faire beaucoup de choses, « le message est plus important que le messager ». Dans ce livre, j’essaie de livrer un message scientifiquement fondé, cohérent avec ce que l’on trouve dans les livres écrits pour s’aider soi-même mais reposant sur une base solide de recherche empirique.

   Bien que le livre s’adresse principalement aux chercheurs en psychologie ainsi qu’aux autres spécialistes des sciences sociales et biologiques, je pense que tout lecteur curieux le trouvera intéressant et utile. En effet, un objectif important du livre est de fournir aux lecteurs et lectrices des outils concrets qu’ils peuvent utiliser pour stimuler leur croissance personnelle. En outre, le livre constitue également un texte complémentaire utile pour les cours de deuxième ou troisième cycle en psychologie de la personnalité; L’un des objectifs de ce livre est d’analyser et d’intégrer la théorie de la personnalité contemporaine (décrite ci-après). Enfin, le livre a été utilisé comme complément à des cours sur la motivation, la psychologie positive, le bien-être, le développement personnel et sur l’adaptation positive.

Introduction

Objectifs scientifiques et structure du livre

Mon premier objectif est de fournir un modèle intégratif dans lequel situer toutes les sciences humaines. Ceci est nécessaire car, comme décrit au chapitre 1, pour bien considérer l’être humain optimal, nous devons considérer les différents niveaux, ou facettes, d’une personne, c’est-à-dire les facteurs biochimiques, neuronaux, cognitifs, de personnalité, sociaux et culturels qui chacun apporte un éclairage unique sur le comportement humain. Il existe peu de cadres conceptuels permettant de prendre en compte tous ces facteurs simultanément. C’est pourquoi, au chapitre 2, je propose une hiérarchie conceptuelle complète des niveaux d’influence sur le comportement humain, allant des facteurs biologiques, cognitifs, personnels jusqu’aux facteurs sociaux et culturels. Je montre que l’on peut situer toutes les sciences humaines dans le cadre qui sera proposé, en assurant à chacune sa place dans un ensemble cohérent. En outre, ce cadre peut être utilisé pour prendre en compte tous les principaux facteurs pouvant contribuer à l’apparition d’un comportement particulier, ainsi que pour prendre en compte les éventualités et les interactions entre les facteurs à différents niveaux d’analyse. Après avoir présenté ce cadre, je l’utiliserai pour examiner brièvement quelques questions philosophiques importantes telles que le libre arbitre par opposition au déterminisme, le réductionnisme face au holisme, la convergence scientifique par rapport au pluralisme scientifique et l’utilité potentielle du cadre pour les sciences sociales.

   Le chapitre 3 est consacré en détail à l’un des niveaux d’analyse abordé au chapitre 2, à savoir la personnalité. J’aborde plusieurs modèles globaux de personnalité, avant de passer à une hiérarchie constituée de caractéristiques organismiques typiques sur laquelle reposent des traits de personnalité, des objectifs et des intentions ainsi que des histoires de vie. Je montre que cette hiérarchie à 4 niveaux peut être substituée de manière transparente à la hiérarchie plus générale des causes potentielles du comportement humain développée au chapitre 2. Cette hiérarchie à quatre niveaux contribue à rendre la théorie de la personnalité plus compatible avec les autres sciences naturelles et humaines.

   Les chapitres 4 à 7 se concentrent en profondeur sur chaque niveau ultérieur de la hiérarchie de la personnalité, en faisant un état des lieux dans chaque domaine. Après avoir présenté les principaux concepts pertinents à chaque niveau, j’aborde leurs implications dans le fait d’être pleinement humain autrement dit concernant la question de l’être humain optimal. Quelles prescriptions ou recommandations pour optimaliser l’être humain pourraient-elles être tirées de chaque niveau d’analyse ? Plus précisément, le chapitre 4 examine la nature humaine évoluée en termes de besoins physiologiques typiques de notre espèce, de besoins psychologiques, de mécanismes sociocognitifs et de pratiques socioculturelles. Le chapitre 5 traite de la théorie des traits de personnalité et de la question de savoir si les traits ont un statut causal légitime en eux-mêmes ou s’il s’agit simplement d’effets de facteurs génétiques ou biologiques de niveau inférieur. Le chapitre 6 examine les objectifs et les intentions, en utilisant à la fois des perspectives théoriques «systémiques» et «organismiques» pour analyser la nature de la recherche optimale des objectifs. Enfin, le chapitre 7 examine la nature et les fonctions de ce qu’il serait adéquat de faire revivre, et pourrait fournir une façon pertinente de penser au soi et au moi optimal.

   Les chapitres 8 et 9 examinent deux niveaux d’analyse encore plus élevés dans une perspective plus large qui concernent la personnalité mais qui vont au-delà de celle-ci : les interactions sociales et la culture. Le chapitre 8 utilise la théorie évolutionniste des jeux et la théorie des rôles sociaux pour analyser la nature des interactions sociales positives et formuler des recommandations pour être pleinement humain à ce niveau d’analyse. Le chapitre 9 examine la relation entre l’évolution culturelle et génétique, le statut causal du niveau d’analyse culturel et les implications de différents types culturels dans le fonctionnement optimal de leurs membres.

   Enfin, le chapitre 10 rassemble toutes les recommandations précédentes en un ensemble de 27 « prescriptions » qui concernent un être humain optimal. Le chapitre 10 explore également la question de savoir s’il peut exister des conceptions optimales qui se présentent comme des contenants sans contenu ni valeur concernant l’être humain optimal, impliquant éventuellement une cohérence entre les différents niveaux de la personne, quel que soit le contenu abordé par ces niveaux. Dans le cadre de cette discussion, cinq « méta-recommandations » allant dans le sens de l’être humain optimal sont suggérées. Elles vont au-delà de la prise en compte de l’être humain optimal pour chaque niveau d’analyse afin d’aborder la discussion en termes de fonctionnement du système dans son ensemble. Enfin, le chapitre 10 aborde la question des relations optimales entre les différentes sciences humaines. Je préconise une forme de pluralisme hiérarchique où chaque niveau d’analyse a sa propre place et ses propres effets légitimes en fonction du phénomène comportemental étudié. Cependant, je préconise également d’accorder la plus grande attention au niveau fondamental de la personnalité car seule la compréhension de la nature humaine de base (comment tous les êtres humains sont identiques) permet d’espérer comprendre le sens des différences humaines.

   En résumé, ce livre aborde deux grandes questions qui sont toujours débattues : comment les scientifiques peuvent-ils intégrer au mieux les différents niveaux d’analyse au sein des sciences humaines pour créer une vision d’ensemble complète ? Et comment une personne peut-elle intégrer au mieux ses différents niveaux ou facettes pour atteindre un état d’être optimal ? Je décris comment ces deux questions se complètent et convergent de manière importante.

REMERCIEMENTS

Je tiens à reconnaître les influences positives de John Donaldson, mon père, aussi déterminé que dévoué. Il m’a constamment mis au défi concernant de nombreuses questions abordées dans ce livre. Je remercie également Tim Kasser, mon collaborateur de longue date, qui m’a fourni des commentaires détaillés sur une version antérieure de ce manuscrit, Andrew Elliot, un autre collaborateur de longue date, pour son aide dans l’élaboration du concept d’autoconcordance, Robert Emmons, mon mentor de troisième cycle, qui m’a indiqué l’importance de comprendre l’objectif positif, Edward Deci et Richard Ryan; mes mentors postdoctoraux, qui m’ont appris que les questions humanistes peuvent être étudiées avec une rigueur empirique, et Mélanie Sheldon, mon épouse, qui m’a renvoyé un précieux écho tout au long de ce projet. Enfin, je voudrais remercier David Myers, Richard Koestner, Jack Bauer, Eunkook Suth et Shige Oishi, qui ont examiné les versions précédentes du manuscrit, ainsi qu’un relecteur anonyme. Leurs commentaires ont été inestimables pour achever la production finale que vous avez maintenant entre vos mains.

1  Qu’est-ce qu’être pleinement humain ?

Pouvez-vous vous rappeler une personne qui semble avoir atteint un état d’harmonie, à la fois entre les différentes parties d’elle-même et entre elle-même et le monde ? Quelqu’un qui est activement impliqué dans la vie, qui a du succès, qui semble exceptionnellement heureux et satisfait, qui est enthousiaste et fait le bonheur de son entourage ? Espérons que nous pouvons tous penser à au moins une personne qui semble avoir atteint une telle façon de fonctionner et d’être, autrement dit une manière « optimale » de fonctionner et d’être. Qu’est-ce qui est différent chez cette personne ? Qu’est-ce qui est différent chez cette personne par rapport à ceux qui sont empêtrés dans leur quotidien ? Peut-on évaluer et quantifier sa qualité de vie ? Sa manière d’être et son mode de vie pourraient-ils être prédits à l’avance, en sachant tout sur la constitution et l’histoire de cette personne ? Y a-t-il une théorie qui puisse nous permettre de comprendre cette personne et peut-être nous dire comment lui permettre d’accéder à une telle manière d’être et de vivre ? Ce sont des questions cruciales dont les réponses pourraient nous en dire beaucoup pour améliorer nos vies personnelles et la vie humaine en général. Dans ce livre, j’espère pouvoir commencer à apporter quelques réponses à ces questions.

PORTÉE ET OBJECTIFS DU LIVRE

Ma première tâche consiste à définir les objectifs généraux du livre afin que le lecteur puisse comprendre la portée du voyage que je propose. Dans ce chapitre, je commence par discuter de l’expression «être humain optimal», en montrant la difficulté de la définir. La principale difficulté peut être la suivante : les êtres humains sont des systèmes extrêmement complexes dont les activités, les interactions et les résultats peuvent être examinés sous un très grand nombre de points de vue différents. Cela reflète la vaste étendue des sciences humaines, allant de la psychologie de l’évolution à la psychologie biologique, de la psychologie cognitive à la psychologie de la personnalité, de la psychologie sociale à la sociologie et à la psychologie culturelle. Comme indiqué au chapitre 2, on peut dire que chacun d’entre eux occupe un « niveau d’analyse » différent dans une hiérarchie de causes possibles du comportement humain. En supposant que chaque perspective ou niveau d’analyse soit d’égale importance et légitime, chacune peut sans doute fournir des informations uniques sur l’être humain et la nature humaine ainsi que sur la nature de l’être humain optimal.

   Ainsi, afin de comprendre l’être humain optimal de la manière la plus inclusive possible, je considère la question sous un grand nombre de points de vue différents. Dans le cadre de cette investigation en vue de les examiner, je considère ces perspectives dans un ordre hiérarchique allant de l’analyse des niveaux inférieurs et basés sur la biologie à des niveaux plus élevés et plus socialement déterminés. Plus précisément, il y aura des chapitres tirés de la psychologie de l’évolution, de la psychologie de la personnalité, de la psychologie sociale et de la psychologie culturelle. Dans chaque chapitre, je présente et compare d’abord les problèmes et les théories prédominants dans ce domaine afin de comprendre la description de chaque niveau de la nature humaine fondamentale. Puis, vers la fin de chaque chapitre, j’examine ce qui peut se dégager de chaque domaine ou niveau d’analyse au sujet de l’être humain optimal.

   Un deuxième thème majeur du livre, évoqué dans son titre, est celui des relations entre les différents domaines et niveaux d’analyse. Par exemple, quel est le lien entre la psychologie sociale et la psychologie de la personnalité et entre la psychologie de l’évolution et la psychologie culturelle ? Les effets observés par les scientifiques dans des domaines particuliers sont-ils réductibles à ceux observés dans un champ de niveau inférieur de sorte que la perspective théorique du premier champ est réduite et peut-être inutile pour comprendre le comportement humain ? Par exemple, les effets au niveau de la culture pourraient-ils être subordonnés à la sociobiologie ou les effets au niveau de la personnalité pourraient-ils être subordonnés à la psychologie cognitive ? Dans l’affirmative, il n’est peut-être pas nécessaire de considérer les effets et les concepts au niveau de la culture ou de la personnalité dans un modèle «final» du comportement humain.

   Une des raisons d’explorer ce deuxième thème est que l’intégration entre les différentes perspectives et différents niveaux d’analyse sur le comportement humain est absolument nécessaire. Il y a trop peu d’harmonie et de théorisation croisée entre les différentes sciences humaines dans lesquelles chacun défend son pré carré. J’espère proposer de nouvelles idées sur la façon de penser les différentes disciplines les unes par rapport aux autres. Mais la deuxième raison, la plus importante, de considérer les relations positives entre les différentes sciences humaines est que cette enquête peut fournir un levier substantiel pour comprendre la nature de l‘être humain optimal. Comme nous le verrons plus loin, être pleinement humain peut impliquer des relations harmonieuses entre les différents niveaux de son existence personnelle (c’est-à-dire entre sa nature évoluée, sa personnalité, ses relations sociales et sa culture). En comprenant mieux les liens entre ces différents niveaux d’analyse scientifique, nous pouvons découvrir des outils et des analogies pour mieux comprendre les liens positifs entre les aspects correspondants d’une personne. En d’autres termes, il peut y avoir une convergence potentiellement importante entre la tâche d’intégrer ou d’optimiser les sciences humaines et la tâche de comprendre l’être humain intégré ou optimisé.

   En raison de ma formation en psychologie de la personnalité, et parce que je crois que le niveau d’analyse de la personnalité peut être particulièrement important pour comprendre l’être humain optimal, le livre accordera une attention particulière à ce niveau. Plus précisément, je propose quatre niveaux d’analyse différents contenus dans le niveau de personnalité, à savoir les fondements organismiques, les traits de personnalité, les objectifs/intentions et les soi/concepts de soi. Chaque sujet concernant la personnalité recevra son propre chapitre, et bien sûr, les relations entre les quatre sujets seront également prises en compte. Au cours de ces quatre chapitres, j’espère fournir un cadre inclusif qui peut aider à intégrer la théorie contemporaine de la personnalité ainsi qu’à mieux comprendre la personnalité humaine intégrée.

   En résumé, ce livre a donc trois objectifs principaux. Le premier objectif est de considérer la nature de l’être humain optimal, dans le but d’arriver à une compréhension raisonnablement complète de cette expression d’ici la fin du livre. Cette question, centrale dans les chapitres 1 à 10, est discutée principalement dans la dernière partie des chapitres 2 à 9. Un deuxième objectif, qui occupera une grande partie du livre, est de sonder et, dans certains cas, de critiquer les contenus étudiés dans une grande variété de sciences humaines (la théorie de la personnalité n’étant qu’un exemple), tout en examinant certains liens possibles entre ces différentes perspectives. De plus, nous considérons la base ontologique de chaque niveau d’analyse, en nous demandant si chacun d’entre eux pourrait être réduit à des niveaux d’analyse inférieurs, de sorte que ce niveau n’a pas besoin d’être pris en compte dans un modèle « final » de comportement humain. La prémisse est que nous devons faire une telle évaluation avant de pouvoir faire des spéculations éclairées sur la nature multifactorielle de l’être humain optimal. Le troisième objectif de l’ouvrage est de proposer un nouveau cadre conceptuel pour la psychologie de la personnalité, dans laquelle les principaux domaines de la théorie de la personnalité et de la recherche peuvent être situés, et aussi, d’éclairer les façons dont la psychologie de la personnalité peut être considérée en lien avec les autres sciences humaines, telles que la biologie évolutionniste, l’anthropologie et la psychologie cognitive. Ces questions sont traitées principalement dans les chapitres 3 à 7. 

   Il peut s’agir d’objectifs trop ambitieux. Cependant, comme E. O. Wilson (1998) l’a fait valoir dans son livre remarquable, Consilience: The Unity of Knowledge, les sciences devraient s’imbriquer – après tout, il s’agit d’un seul univers cohérent. Si tel est le cas, la tâche de cartographier les relations fondamentales entre les différentes sciences humaines, ainsi qu’entre les différents aspects de la personne, pourrait être, après tout, réalisable. J’espère que la recherche de la compréhension de l’être humain optimal fournira une lentille utile pour étudier ces relations, et vice versa.

Publié par Laurent Boualleg

Spécialisé dans le conseil en orientation à toutes les étapes de la vie pour tout type de public dans la prise de décision d'orientation, de réorientation, de reconversion, de maintien professionnel et de réadaptation professionnelle.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :